Vous rêvez d’une piscine solide, durable, que vous pourriez construire vous-même. Mais dès que l’on parle de maçonnerie, les questions arrivent vite : faut-il utiliser des parpaings, des blocs à bancher, du béton coulé… ou une autre méthode ?
Dans le domaine de l’autoconstruction, une technique s’est imposée ces dernières années : la construction de piscine en blocs à bancher. Simples à poser et conçus pour être remplis de béton armé, ces blocs permettent de construire des murs robustes sans matériel lourd.
Dans ce guide, nous allons voir comment fonctionne cette méthode, pourquoi elle est devenue la référence pour les piscines enterrées et comment la mettre en œuvre pas à pas.
Qu’est-ce qu’un bloc (ou agglo) à bancher ?
Comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-dessus, un bloc à bancher ressemble à un parpaing classique mais il est conçu pour fonctionner comme un coffrage perdu. Les blocs sont posés à sec, les uns sur les autres. On y place des armatures horizontales et verticales, puis l’ensemble est rempli de béton fluide.
Une fois le béton coulé, l’ensemble forme un mur continu en béton armé. Contrairement à une paroi montée en parpaings, où la résistance repose sur des chaînages et des renforts localisés, ici toute la structure est ferraillée et bétonnée de manière continue.
C’est pour cela que les blocs à bancher sont aujourd’hui la solution la plus utilisée pour construire les murs d’une piscine en béton armé, en particulier dans les projets d’autoconstruction de piscine.
Pourquoi choisir les blocs à bancher pour une piscine ?
Depuis de nombreuses années, les blocs à bancher sont devenus la norme pour la construction de piscines, et pas seulement pour les piscines à skimmers. Construire soi-même sa piscine à débordement est aussi possible et permet de réaliser des économies intéressantes.
Solidité et durabilité
Le bloc à bancher combine le meilleur des deux mondes : la résistance du béton armé et la simplicité de mise en œuvre. Les murs ainsi construits résistent mieux à la poussée de l’eau et aux éventuels mouvements de terrain.
Compatibilité avec tous les revêtements
Les blocs à bancher acceptent tous les types de revêtements. Deux logiques : soit un revêtement étanche par nature (liner, PVC armé) qui assure à lui seul l’étanchéité du bassin, soit l’application d’un enduit d’étanchéité au préalable avant la pose d’un revêtement non étanche comme le carrelage ou la pierre.
À retenir
Le carrelage ne se pose jamais directement sur les blocs. Un enduit d’étanchéité doit être appliqué au préalable.
Adaptés à toutes les tailles de bassins
De la piscine familiale de 8 × 4 m au grand bassin enterré, les blocs à bancher s’adaptent. Leur conception les rend utilisables aussi bien pour des piscines classiques que pour des formes plus ambitieuses.
Accessibles aux auto-constructeurs
Pas besoin de joints de mortier ni de coffrages compliqués. Les blocs s’emboîtent simplement, se remplissent par étapes, et avec un peu de méthode, un bricoleur motivé peut s’en sortir. Leur relative maniabilité les rend pratiques à manipuler, même seul sur chantier, et on les trouve facilement chez la plupart des marchands de matériaux, ce qui facilite grandement l’approvisionnement.
Nota : il existe aussi des blocs en polystyrène; plus légers, ils sont donc plus faciles à manipuler mais sont plus onéreux. De plus, le revêtement est obligatoirement un liner.
Visualiser la construction : de la théorie à la pratique

Montage des blocs à bancher et mise en place du ferraillage avant le coulage du béton.
Les étapes de construction de murs de piscine avec des blocs à bancher
Passons maintenant à la pratique : du radier jusqu’au bétonnage final, chaque étape du montage des blocs à bancher doit être suivie avec rigueur pour garantir la solidité du bassin.
Préparer la dalle de fond (radier)
La photo ci-dessus montre un chantier réel à cette étape cruciale. On y voit clairement le radier béton avec les fers d’attente qui vont s’ancrer dans les premiers rangs de blocs.
C’est la base de tout : le radier doit être armé et relié aux murs. On laisse des fers verticaux en attente pour venir s’ancrer dans les blocs.
Poser le premier rang de blocs à bancher
Le premier rang est décisif. Tout doit être parfaitement de niveau. Une erreur à ce stade se répercute sur toute la hauteur du mur.
Monter les rangées suivantes
Les blocs s’emboîtent à sec. On insère les fers horizontaux dans les encoches prévues à cet effet afin de constituer le ferraillage continu du mur. On vérifie ensuite l’alignement et l’aplomb, puis on poursuit le montage. Le montage se fait en quinconce : chaque bloc recouvre la jonction des deux blocs du rang inférieur. Cette disposition, classique en maçonnerie, permet de répartir les efforts et d’assurer la solidité de l’ensemble.
Prévoir les réservations
Avant de couler le béton, il faut anticiper les réservations pour les pièces à sceller : skimmers, buses de refoulement, projecteurs, prise balai. Les ouvertures doivent être prévues dans les murs pendant le montage ; une fois le béton coulé, il est trop tard.
Couler le béton
On utilise un béton fluide (consistance S4). On remplit les blocs par tranches de 2 à 3 rangs, en vibrant légèrement pour éviter les poches d’air. On monte ainsi progressivement jusqu’à la hauteur finale.
Erreur fréquente
Couler le béton sur toute la hauteur du mur d’un seul coup. Le remplissage doit se faire progressivement, rangée par rangée, pour garantir une bonne répartition du béton.
Combien de blocs à bancher pour une piscine 8 × 4 ?
À titre indicatif, pour une piscine 8 × 4 m avec une profondeur moyenne de 1,50 m : le périmètre du bassin représente environ 24 mètres, soit 24 × 1,50 = 36 m² de murs à construire. À raison de 10 blocs par m² (bloc standard de 50 cm de long et 20 cm de haut), il faut compter environ 360 blocs, auxquels on ajoute une marge de 10 %, soit environ 400 blocs au total. Ce calcul est valable quelle que soit l’épaisseur du bloc (20 ou 27 cm, les deux formats les plus courants) : l’épaisseur détermine celle du mur, pas le nombre de blocs.
Ce calcul concerne les parois du bassin. La construction d’un escalier maçonné, d’une plage immergée, du local technique ou de tout autre aménagement intérieur nécessite des blocs supplémentaires, à estimer selon la configuration choisie. Dans une piscine à débordement, on ajoute la construction de la goulotte et du bac tampon.
Ne laissez rien au hasard
Réussissez votre escalier, votre plage et vos réservations du premier coup. Nos plans définissent les niveaux de terrassement pour obtenir la hauteur d’eau voulue et l’emplacement exact des réservations dans les murs.
Parpaings ou blocs à bancher : quelle méthode pour votre piscine ?
Les parpaings creux avec piliers raidisseurs restent une méthode économique, souvent utilisée pour les petites piscines. La mise en œuvre est proche de la maçonnerie classique et ne demande pas de matériel spécifique.
En revanche, la structure ne bénéficie pas d’un ferraillage continu : la résistance repose sur des chaînages et des piliers ponctuels, ce qui limite la durabilité de l’ouvrage face à la poussée de l’eau et du terrain.
Les blocs à bancher offrent un ferraillage continu sur toute la hauteur et toute la longueur des parois. La structure obtenue est plus résistante et accessible à un autoconstructeur soigneux.
D’autres techniques existent — béton coulé entre banches et béton projeté (gunite) — mais elles nécessitent du matériel lourd et une main-d’œuvre qualifiée. Elles restent réservées aux entreprises spécialisées.
Points de vigilance
- Contrôler le niveau à chaque rang.
- Respecter le montage en quinconce.
- Suivre les schémas de ferraillage et éviter toute improvisation.
- Remplir correctement les alvéoles avec un béton adapté.
- Prévoir l’étanchéité avant la pose d’un revêtement non étanche comme le carrelage ou la pierre.
Références techniques
L’utilisation des blocs à bancher pour les piscines est encadrée par plusieurs textes techniques.
Le DTU 20.1 (maçonnerie) définit les règles générales de mise en œuvre des blocs coffreurs, également appelés coffrages perdus.
Par ailleurs, différents Avis techniques du CSTB (par exemple 16/15-717 ou 16/25-811) valident leur emploi pour la construction de piscines privées enterrées, généralement jusqu’à environ 1,60 m de hauteur de paroi.
Ces documents rappellent notamment plusieurs principes essentiels :
la liaison structurelle entre le radier et les murs grâce aux aciers en attente, la présence d’un chaînage supérieur et l’utilisation d’un béton fluide (classe de consistance S4).
Conclusion
Pour un projet d’autoconstruction, les blocs à bancher représentent aujourd’hui l’une des solutions les plus simples et les plus fiables pour réaliser les murs d’une piscine.
Ils combinent une mise en œuvre relativement accessible avec la solidité d’une structure en béton armé. Là où le parpaing atteint rapidement ses limites, le bloc à bancher permet de construire des bassins durables et bien adaptés aux contraintes de l’eau et du terrain.
Des plans en appui de cette méthode de construction vous assurent un chantier plus fluide.